Comment débuter l’école à la maison sereinement : les 10 choses à savoir
Voilà, c’est décidé. Tu commences l’Instruction en Famille (IEF).
Mais face à l’immensité de l’école à la maison (homeschooling), tu as envie d’y voir un peu plus clair.
Dans cet article, je te partage 10 choses à savoir ainsi qu’un dossier PDF à télécharger pour t’accompagner pas à pas avec des espaces de réflexion à remplir et une checklist.
Tu peux le télécharger ici gratuitement !
1. Comprendre ton choix
Se poser pour clarifier ta pensée, ta motivation est essentiel. Pourquoi ? car prendre ce temps, poser sur le papier ce qui te pousse à agir te permet de garder le cap.
Tenir un cahier dans lequel tu noteras ton parcours est une bonne idée, surtout lorsque tu débutes. Tu verras, relire ces pages dans quelques mois sera d’un grand réconfort.
Quelques questions pour guider ta pensée :
- Pourquoi veux-tu commencer l’IEF ?
- Comment te sens-tu par rapport à ce choix ?
- Qu’est-ce qui te motive ? quelles transformations as-tu envie de mettre en place ?
- As-tu des peurs, des doutes par rapport à l’IEF ? (et je te rassure tout de suite, c’est tout à fait normal).
- As-tu des modèles, des personnes, des rêves ou des pédagogies qui t’inspirent ?
Tu trouveras un espace de réflexion pour noter tes réponses dans le dossier téléchargeable ici.
2. Se rapprocher des groupes locaux IEF
S’entourer de personnes qui ont fait le choix de l’IEF peut être d’un très grand soutien, surtout au début. Cela vous permettra, à toi et à ton/tes enfant(s) de rencontrer d’autres familles et pourquoi pas lier de nouvelles amitiés.
Ce que j’apprécie le plus dans ces groupes c’est la possibilité d’échanger sur mes propres doutes et avoir le retour de personnes qui savent de quoi je parle.
Comment trouver un groupe local IEF ?
- facebook reste une plateforme très utilisée et tu peux utiliser plusieurs mots clés comme le numéro de ton département et IEF / école à la maison / homeschooling / unschooling.
- faire une recherche google avec les différents mots clés
- te rapprocher des associations locales ou nationales telles que LAIA (Libre d’Apprendre et d’Instruire Autrement), LED’A (Les Enfants d’Abord) ou Laia (Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement).
- discuter avec les tiers-lieux, les lieux associatifs, les jardins partagés
Quand je suis arrivée dans ma petite ville danoise (surtout pendant un confinement), j’ai écrit un message sur Facebook expliquant ma situation et que j’aimerais beaucoup rencontrer d’autres familles. Rapidement, plusieurs personnes ont été en mesure de me mettre en contact avec les groupes existants, que je ne trouvais pas car ils ne remplissaient aucun des critères et mots clés précédents 😅
3. Prendre le temps de parler de la situation avec ton enfant
Cela dépend complètement de son âge. S’il est très jeune et n’a jamais été scolarisé, ce n’est pas la peine de trop s’étendre sur le sujet. Un petit moment expliquant simplement la situation est suffisant. Vous pouvez aussi lister ensemble les choses qu’il adore et voir quelles activités mettre en place.
- les choses que j’adore faire
- les histoires / héros que j’adore
- les choses dont je rêve
Par contre, si ton enfant est plus grand et qu’il a déjà été scolarisé, prendre ce temps, régulièrement me semble essentiel. Notamment pour lui laisser l’opportunité de parler de ses peurs et entendre ses questionnements.
- les questions que je me pose par rapport à l’IEF
- est-ce que j’ai des peurs ?
- qu’est-ce qui me rend vraiment heureux dans l’idée de commencer l’IEF ?
Là encore, tu peux retrouver ces questions dans le dossier téléchargeable ici.
Pendant quelques mois, ma plus grande voulait que l’on évite de passer devant les écoles durant les heures de classe. Elle était manifestement gênée. Lorsque quelqu’un lui posait une question, elle répondait à demi-mots qu’elle n’allait pas à l’école.
Nous nous sommes donc posés ensemble pour comprendre ce qui la gênait tant, alors que manifestement elle appréciait l’IEF. Cela nous a permis de comprendre que sa réponse “Je ne vais pas à l’école” avait besoin d’être ajustée pour que ma fille se sente bien. Oui, elle ne va pas à l’école, mais elle continue à recevoir une éducation. Du coup, maintenant, elle répond plus simplement qu’elle fait l’école à la maison (homeschooling) et se sent mieux lorsque le sujet est abordé.
4. Connaître les attentes pédagogiques de ton pays
Les attentes diffèrent complètement selon les pays et c’est, selon moi, important de les connaître pour avoir une vision globale. Tu peux trouver les programmes officiels français sur le site Eduscol, et les télécharger gratuitement. Pour les programmes danois, ils se trouvent sur le site EMU (https://www.emu.dk/).
Avoir cette vision globale aide à t’organiser mais aussi à te rassurer, à te montrer tout le long du chemin que tu t’en sors très bien.
- lister les matières principales à travailler
- lister quelques idées d’activités que tu peux mettre en place facilement selon les matières
Voici quelques exemples :
Préparer un gâteau ensemble
- s’amuser ensemble à lire / écrire le titre ou les ingrédients → c’est du français
- mesurer, lire les chiffres → c’est des mathématiques
Dans mon article sur le projet feuille, tu peux facilement voir comment toutes les matières sont entremêlées. C’est justement toute la beauté de l’IEF.
De plus, connaître ce que le pays dans lequel tu pratiques l’IEF recommande est important pour les entretiens / inspections. Par exemple, lors de mon premier entretien avec la commune danoise, j’avais préparé un dossier béton avec les activités réalisées, les différentes matières, les objectifs… Tout cela pour m’entendre dire que c’était intéressant mais que ce qui les intéressaient surtout, c’était le bien être de l’enfant et sa vie sociale.
Venant de France, je n’avais jamais entendu ce genre de propos. Tu peux imaginer ma réaction…
5. Trouver ton moyen d’organisation
Pouvoir facilement organiser, archiver les activités sans que cela te prenne trop de temps, c’est essentiel. Quand tu commences, un simple fichier que tu remplis avec le nom de l’activité, la matière et quelques lignes explicatives est suffisant.
Si tu es plutôt papier, un cahier par enfant, ou bien un cahier par matière dans lequel tu inscris la date, le nom de l’activité et des détails si tu penses que c’est nécessaire.
De mon côté, j’utilise un fichier Notion, dans lequel je note les activités et je les lie avec les objectifs officiels.
Le plus important, reste simple ! Cet outil ne doit pas te prendre la journée, c’est simplement un moyen d’avoir, comme dans le point précédent une vision globale des apprentissages.
6. Se procurer des ressources d’apprentissage
Cette étape n’est pas obligatoire mais tu peux ressentir le besoin d’avoir quelques livres / manuels / ressources sur lesquels t’appuyer, notamment lorsque tu démarres.
La liste des ressources est infinie. Je te conseille d’aller dans ta librairie préférée et de te poser pour regarder les différents cahiers qui existent. Tu y trouveras des ressources assez classiques, mais d’autres s’appuyant sur des pédagogies bienveillantes comme Montessori ou Waldorf-Steiner.
Tu peux aussi organiser un dossier en ligne dans lequel tu mettras de côté toutes les sites inspirants que tu trouves.
7. Savoir que c’est normal de douter
Il y a de fortes chances que le chemin que tu empruntes soit un chemin complètement nouveau pour toi. Et qui dit nouveauté, dit souvent doute et peur. Et c’est normal.
En tant que parents, tu doutes, tu te questionnes. D’autant plus lorsque tu n’as pas de références passées. Du coup, je te rassure tout de suite. C’est tout à fait normal.
Tu peux prendre un temps pour lister tes doutes lorsqu’ils arrivent. Une fois posé sur le papier, cela permet aussi de les voir autrement. Discuter de tes doutes avec ton conjoint, tes amis bienveillants, les autres familles en IEF te permettra souvent d’y voir plus clair.
Si tu le souhaites, tu peux aussi m’envoyer un mail directement avec tes questionnements et tes doutes à l’adressse suivante : art.nathalieyoko@gmail.com
8. Trouver une routine qui te convient
Comme dans les points précédents, ton objectif n’est pas d’avoir un cadre super strict. Sauf si cela vous convient bien entendu.
Par contre, avoir des routines aident au quotidien, surtout au début. Je te conseille de commencer simplement. Et si cela ne vous convient pas, tu changes, tu adaptes.
Avoir un rythme a un côté très rassurant pour l’enfant et cela facilite beaucoup les choses.
Voici quelques questions pour guider ta réflexion.
- à quoi ressemble ta journée idéale ?
- quelles sont les activités que ton enfant et toi appréciez déjà ?
- vers quels types d’activités ton enfant se dirige naturellement
- quelle activité / moment aimerais-tu partager avec ton enfant ?
Tu peux avoir une routine par jour, avec des moments d’apprentissages posés. Ici, on travaille le matin sur des productions écrites ou des recherches tandis que l’après-midi est réservée aux activités extérieures et rencontres. Mais, selon notre humeur et notre énergie, ça change.
Tu peux ensuite avec une routine par semaine, avec des activités que tu ne peux faire qu’à un certain moment (pour nous, les rencontres IEF, les sports, etc.), ou encore des thématiques d’activités comme en pédagogie Waldorf-Steiner avec un jour peinture, un jour cuisine, un jour ménage, un jour musique…
À toi de choisir.
Tu peux réfléchir à ces différents points dans le dossier téléchargeable.

9. Ne te justifie pas
Oui. Comme je te l’ai écrit dans le point précédent, tu auras des moments de doute. Mais cela ne veut pas dire que tu dois te justifier auprès de tout un chacun. Là encore, je te le rappelle, tu empruntes un chemin considéré comme différent dans nos sociétés occidentales. Et même si les choses bougent, l’école reste la norme.
Donc, tu auras forcément des questions, des remarques. Des personnes que tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam auront besoin de donner leur avis. Le plus souvent, ce sera de la curiosité bienveillante, parfois même de l’admiration. Mais sache aussi que certains ont tendance à venir partager leur propre peur. Rappelle-toi. C’est leurs peurs, et non les tiennes.
Je ne vis pas l’IEF comme un combat. Pour moi, c’est un choix familial qui nous convient.
Ce que j’ai appris, c’est que tu n’es pas obligé de parler de tes choix à tout le monde. Et tu n’as pas à rassurer les autres non plus.
Là encore, la simplicité est de mise.
Exemple vécu :
L’été se termine, un inconnu te demande “Alors, bientôt la rentrée des classes ?”
Ben, selon ton humeur, tu peux juste répondre :
- oui = tu n’as juste pas envie de t’éterniser sur le sujet
- oui, on commence l’école à la maison = tu es ok pour aborder le sujet et tu as même utilisé un terme que les NIIEF (non initiés à l’IEF) peuvent comprendre.
- non, pour nous ce sera l’IEF = tu as de l’énergie à revendre et tu es prête à engager la conversation sur l’IEF💕 et à accueillir les remarques / questions bienveillantes ou non.
Ces réponses fonctionnent aussi très bien pour les enfants. Je les ai entendus utiliser les 3 variations !
10. Laisse ton enfant s’ennuyer.
Oui ! Et c’est essentiel. En tant que parents, on a parfois la fausse idée que l’on doit combler chaque moment de vide de notre enfant. Que s’il est assis, les yeux dans le vide, on ne remplit pas notre mission.
Et bien, je te rassure. Si ton enfant s’ennuie, tu lui fais le plus beau des cadeaux.
Pourquoi ? parce qu’en laissant ton enfant s’ennuyer :
- il a l’opportunité réelle de se connaître.
- il va vider aussi le trop plein d’émotions, de stimulis et de tant d’autres choses qu’il a accumulé durant la journée.
- il fait de la place, et c’est souvent comme ça qu’une idée va jaillir et le pousser dans une direction inattendue.
Alors, sur le papier, j’avoue que ça a l’air facile. Dans la réalité, c’est plus difficile. Et tu sais pourquoi ? parce que souvent, nous ne donnons pas vraiment l’exemple. On saute d’une activité à une autre, on utilise nos téléphones, on cuisine…
Voici quelques pistes pour te laisser t’ennuyer, toi aussi.
Accorde toi 5 minutes ou plus durant lesquelles tu ne fais rien. Et si cela est trop difficile, tu peux écouter une chanson durant 5 minutes, mais en t’obligeant à ne pas faire autre chose en même temps.
J’aime bien allumer une bougie et écouter une musique tranquillement. Parfois, j’ai aussi une boisson pour accompagner ce moment et j’explique bien à mes enfants que je prends 5 minutes pour me poser car mon corps et ma tête en ont besoin. Tu peux aussi t’asseoir dans l’herbe 5 minutes. Ou encore suivre une méditation guidée si c’est plus facile pour toi.
En résumé…
L’école à la maison, c’est une aventure ! Et on apprend, on adapte, on découvre chaque jour. Comme dans la vie, tout simplement.
La clé, c’est surtout de commencer simplement.
Pour t’aider à mettre tout cela en pratique, j’ai créé un dossier PDF complet à remplir à ton rythme. Tu y trouveras :
- un récapitulatif des 10 points abordés
- des questions de réflexion
- une checklist de départ
- un espace pour clarifier ta vision
Télécharge ici le dossier “Les 10 choses à savoir quand tu commences l’IEF”


